25 mai 2007
La vendeuse
J’ai rencontré Irène il y a une semaine. Elle vendait des maillots de bain pour hommes aux galeries Lafayette, entre les serviettes de plage et les lunettes de soleil. Je ne sais pas trop pourquoi je suis entré dans ce magasin d’ailleurs, car j’avais tout ce qu’il me fallait, même du temps à tuer. Je ne l’ai pas vue arriver derrière moi. « Je peux vous aider Monsieur ? » me proposa-t-elle d’une voix douce et chaude. « Heu... non, merci, je regardais simplement », dis-je en levant les yeux vers elle, un sourire de circonstance agrafé sur mon visage, sourire qui se transfigura en une expression béate : son physique qui s’accordait parfaitement à sa voix sensuelle me fit aussitôt regretter d’avoir refusé son aide. « N’hésitez pas à faire appel à moi si vous avez besoin de quelque chose », ajouta-t-elle avec une moue ingénue.
Est-ce le trouble de mon regard qui lui avait fait ajouter cette formule commerciale, ou bien son sourire était-il trop candide pour être honnête ? Comme d’habitude, j’étais en train de m’embourber dans mes questions masculines existentielles, les yeux rivés sur son postérieur qui tanguait au rythme de sa démarche chaloupée, mais qui s’éloignait inexorablement vers tous ces hommes qui brandissent leurs chiffons par-dessus les cabines d’essayage, sous prétexte d’avoir une autre taille ou un autre modèle. « Mademoiselle ! Mademoiselle ! » L’interpellai-je sur un ton déjà pitoyable. Elle fit aussitôt volte-face pour revenir vers moi, le port altier, le regard plongé dans mes yeux éblouis, tel un model de chez Channel qui fixe l’objectif du photographe, avant de se planter devant moi, la pointe de ses seins au point de tutoyer ma poitrine : « Vous voulez essayer un maillot ? » Me demanda-t-elle d’une voix à la fois rauque et suave. « Heu, oui, celui-ci… » répondis-je en prenant le premier qui me tombait sous la main, mon regard perdu dans le décolleté plongeant qui s’ouvrait sous mes yeux comme un abîme de luxure. J’eu à peine le temps de lire son prénom sur son badge, « Irène », que la sculpturale vendeuse se retournait déjà en m’ordonnant « Suivez-moi ! » tout en me lançant par-dessus son épaule un regard alléchant comme une fausse promesse électorale.
J’avais beau savoir que je n’avais rien à espérer de cet essayage, je la suivis quand même, hypnotisé par sa croupe émouvante qui se dandinait sous mes yeux, mu par l’envie de la caresser tel un tantale lubrique assoiffé de désirs charnels. Mais elle écarta le rideau de la cabine, autel de mes fantasmes sacrifiés, où je n’avais plus qu’à prier pour son prompt retour : elle était déjà partie vers d’autres tentures de velours, derrière lesquelles grondaient des clients impatients. Il ne me resta donc plus qu’à me déshabiller et enfiler le maillot choisi au hasard, par-dessus mon slip hygiène oblige. Horreur ! J’étais tombé sur un string rouge dont la ficelle avait un effet du plus ridicule entre mes fesses, surtout sur mon slip vert. J’en étais à me demander comment me dépêtrer de cette situation grotesque lorsque Irène écarta le rideau pour me demander si tout allait bien. J’étais cramoisi, plus de honte qu’à retenir ma respiration pour garder la poitrine bombée. D’autant plus que je n’avais pas retiré mes chaussettes. Néanmoins, il ne me sembla percevoir pour tout jugement qu’une lueur amusée dans son regard : « Ce string est fait pour vous, me mentit-elle effrontément, vous allez le prendre n’est-ce pas ?
- Moui… c’est que…
- Dans ce cas, je vous conseille de l’essayer normalement, sans votre slip vert, je reviens tout de suite, j’aimerais vraiment vous voir le porter… »
J’avoue que je n’étais pas mécontent de la tournure que prenaient les évènements. Certes, j’en serais quitte pour acheter un string que je n’oserais plus jamais remettre, mais pour le plaisir de faire le beau devant une jolie demoiselle… En quelques secondes j’étais fin prêt. La ficelle me gênait un peu entre les fesses, mais au moins il semblait être à ma taille. Je pris soin de retirer mes chaussettes.
J’attendais donc Irène, lorsque mon attention fut attirée par de légers gémissements provenant de la cabine à droite de la mienne, qui semblait bien abriter deux personnes. Soudain, un petit rire cristallin que je reconnu immédiatement : ma vendeuse ! Je commençais à trouver mon string un peu juste lorsqu’elle écarta les rideaux et surgit dans ma cabine. « Voilà qui est beaucoup mieux, dit-elle avec une moue coquine. Laissez-moi l’ajuster comme il faut, ajouta-t-elle en s’agenouillant sans façon devant moi. » Ses ongles carmins frôlèrent la peau de mon ventre, ajustèrent délicatement les élastiques sur mes hanches, poursuivirent leur course sur mes fesses, s’engagèrent dans leur sillon, prêts à suivre la couture de nylon au plus profond de mon intimité, mais s’arrêtèrent aux extrêmes limites de la décence. Je sentis son souffle sur mon nombril, sur mon sexe qui déformait outrageusement le string que je sentais désormais bien trop juste. Mais je ne le regardais pas, ni le visage d’Irène à quelques centimètres de ma bosse outrageuse : j’avais fermé les yeux depuis un moment, comme dans l’attente d’une délivrance. « Vous êtes très émotif, me dit-elle en faisant semblant d’ajuster au millimètre près mon string devenu microscopique. Je vous conseille un autre modèle, plus enveloppant, je vais vous le chercher !
- Mais… c’est que… vous êtes sûre ?
- Ne vous inquiétez pas, je vais vous aider à l’enfiler » conclu-t-elle avec une œillade provocante.
Irène referma le rideau pendant que mon sexe surgit du string comme la flèche d’un arc. Je retirai ce bout de nylon inutile, tournant le dos à l’ouverture au cas où Irène ferait une nouvelle entrée intempestive, et je me concentrais pour faire retomber mon excitation en entonnant un mantra yogi « Ahuuuuuuuuum…. »
Schliiiiiik fit le rideau derrière moi et Irène déboula à nouveau dans la cabine, un maillot bermuda bleu de grande marque à la main. Je me retournais vers elle, mes mains croisée sur mon bas ventre comme un footballeur face au coup franc, protégeant mon érection opiniâtre de son regard qui avait pourtant du en voir bien d’autres. « Mais… mademoiselle… ce maillot est hors de prix ! M’exclamai-je devant l’étiquette.
- Vous le valez bien », rétorqua-t-elle avec aplomb.
Elle se pencha en avant, la bouche en cœur, ouvrant largement ce maillot comme la gueule d’un loup, et je m’y jetai avec le soulagement d’y abriter ma fausse pudeur. En vain. Car Irène n’hésita pas à plonger la main dans mon maillot pour me faire une démonstration de ses exclusives poches et coutures spécialement conçues pour cacher les manifestations intempestives du désir masculin ! Ses doigts me palpèrent sans vergogne, glissèrent tout au long de ma verge, se jouèrent de mes testicules, revinrent exciter mon gland turgescent sans entamer le calme olympien avec lequel elle me décrivait les savantes fonctionnalités de ce maillot : « Voyez-vous cher Monsieur, cette petite poche anti-tâche à été spécialement conçue pour les éjaculateurs précoces.
- Hummmmmm… je vois…
- Mais visiblement cette fonctionnalité est pour vous inutile, ajouta-t-elle à deux doigts d’avoir tort.
- MADEMOISELLE !!!! Hurla l’homme dans la cabine de gauche, venez vous occuper de moiiiii !
- Vous prenez ce maillot n’est-ce pas ? me dit-elle hâtivement. D’ailleurs, on peut dire que vous avez de la chance aujourd’hui, les galeries Lafayette offrent trois maillots pour le prix de deux, et vous allez voir celui que je vous prépare, vous ne serez pas déçu, ajouta-t-elle précipitamment sans me donner le temps de répondre, avec pour ultime argument sa main toujours dans mon slip.
- Groumph… inarticulai-je.
- Parfait ! Je reviens tout de suite…
Voilà comment je me suis retrouvé au bord de l’explosion dans la poche anti-tâche, pris au piège dans une cabine des galeries Lafayette, soumis au bond vouloir d’une vendeuse perverse qui tenait au creux de sa main une demi-douzaine de mâles en rut. Je voulais me révolter mais je ne le pouvais pas, pris au piège par mon propre désir. Je ne pus qu’ôter mon slip de bain et le faire tournoyer comme un lasso au bout de mon doigt au dessus de la porte de la cabine, en scandant frénétiquement son prénom : IRENE !
07:50 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : Erotisme, vendeuse, cabine d'essayage, récit érotique, Histoire Erotique, Littérature
17 avril 2007
Les charmes de l'Orient (1)
Mai 2005. Après avoir lu quelques-uns uns de mes textes érotiques, une inconnue m'avait contacté. Elle me fit part de son désir de toucher les seins d'une autre femme, pour une raison que je comprendrai plus tard, et nous échangeâmes bientôt une correspondance dont vous pouvez imaginer l'érotisme. Je ne savais presque rien d'elle, hormis sa grande taille (1m72), son jeune age (25 ans), le timbre grave de sa voix suave (je lui avais demandé de me laisser un message sur une boite vocale pour m'assurer que j'avais bien affaire à une femme), et son ingénuité en matière de libertinage lorsque je lui écrivis ceci:
"Il était une fois une belle princesse qui ne souhaitait pas rencontrer de prince charmant. Elle s'appelait Roxane, elle était grande, elle était belle, de ces beautés ténébreuses qu'on attribue souvent aux hommes. Sa voix grave, suave, qui faisait pourtant battre bien des cœurs, dressait aussi quelques velléités libidinales qu'elle devinait derrière les braguettes magiques, ce qui la fascinait au plus au point. Peu à peu elle caressa, entre autres douceurs, le souhait d'explorer le vaste monde de la volupté, jusqu'à devenir une fée libertine. Ainsi s'en était-elle acheté les attributs: une baguette magique vibrante dernier cri avec laquelle elle s'ensorcelait elle-même, et des boules de cristal miniatures qui lui promettaient de bien belles excitations, ce en quoi elles n'avaient jamais tort. Mais malgré toute sa bonne volonté, elle se rendit compte qu'elle ne pourrait aller plus loin toute seule. Elle devait rencontrer le magicien qui l'initierait aux arcanes du stupre et de la luxure. Bien des fois, elle crut l'avoir trouvé sous les traits de preux chevaliers, mais ils se révélèrent être des apprentis sorciers de faible envergure dont la magie ne dépassait pas la chambre à coucher.
Un jour, Roxane tomba par hasard sur la prose malicieuse d'un supposé magicien de l'école libertine, et elle prit son courage à deux mains pour lui dévoiler son voluptueux projet. Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne sauta pas sur l'occasion de la connaître au sens biblique du terme. Bien au contraire, il éprouva son désir par mille et une circonvolutions, avant de lui donner sa première leçon. Au programme, désir, plaisir, et frustration. C'est ainsi qu'il lui demanda de se rendre au 118 Avenue des Champs Elysées, juste à l'entrée du métro Georges V, à 22 heures exactement, le 11 Mai de l'an de grâce 2006. Il avait bien insisté pour qu'elle arrive exactement à l'heure, ni avant, ni après, au risque de rompre le sortilège qu'il avait préparé. Elle devait porter le pantalon noir seyant qu'elle garde pour ces magiques occasions, des chaussures confortables ni trop fragiles, ainsi que ses boules de cristal au cœur de son intimité. Elle avait beau y avoir plongé son regard avant de les glisser entre ses lèvres humides, elle n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait au cours de cette soirée.
Enfin, Roxane arriva au lieu de rendez-vous, pile à l'heure. Il faisait beau en ce mois de mai, le soleil primesautier avait laissé place à la lune ensorcelante. Elle balaya du regard la foule des manants en goguettes, et elle reconnut immédiatement le chevalier noir. Il l'attendait, son heaume sur la tête, assis sur son fidèle destrier. Elle s'approcha du chevalier impassible. A travers sa visière baissée, elle crut percevoir un sourire au coin de ses yeux bleus pétillants. Sans dire un mot, il lui tendit un casque. Elle le mit tout aussi silencieusement, et elle s'assit derrière lui sur la selle, comme convenu. C'est ainsi que le chevalier noir emporta la princesse Roxane sur les chemins lumineux et aventureux, jusqu'au palais de la tentation."
Ce 11 Mai 2006 à 22 heures, à la sortie du métro Georges V, Roxane a vu arriver vers elle une moto qui lui a fait un appel de phare comme on fait un clin d'œil. Roxane a reconnu le chevalier noir qu'elle a pris pour moi, et elle est montée derrière Guillaume sans se poser plus de questions. On n'imagine pas les folies dont sont capables les femmes pour assouvir leurs fantasmes. Cette ballade en moto, Guillaume la raconte ici.
À suivre...
07:30 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : les charmes de l'orient, expériences, erotisme, sex toy, roxane, guillaume, libertinage, histoire erotique
11 avril 2007
In Clito Veritas (1)
Debout dans cette pièce au charme tamisé, les yeux bandés, l'homme se tait. Il se concentre sur la délicate mission qui s'offre à lui. Des trois somptueuses beautés qu'on va lui présenter, trois amours parmi tant d'autres, saura-t-il retrouver pour chacune, son nom ? Saura-t-il se remémorer dans quelles conditions il les a connues ? Comment elles ont, de leur charme insolent ou discret, su conquérir ses sens? Certaines sont encore brûlantes à son esprit, d'autres plus floues, toutes l'ont ému. Et aujourd'hui, aujourd'hui, il va revivre ses passions.
D'une voix neutre, le Juge lui ordonne de s'approcher du premier calice. Timidement, il s'approche d'elle, les lèvres tendues, la narine aux aguets. Il manque défaillir... ce parfum, cette volupté ! Il ne connaît qu'elle. Il est avide maintenant, boit son nectar, se délecte de cette divine liqueur, essence de l'amour... Il sait qui elle est, et il revoit l'ivresse délicieuse de l'instant passé auprès d'elle. Tremblant, il prononce son nom du bout des lèvres, et le Juge ne peut que sourire devant son talent. "Qu'on amène la seconde !"
L'homme, bouleversé encore des effluves de son premier émoi, titube vers la deuxième épreuve. Et là encore, la magie opère. En lui aussitôt, il se remémore la divine robe veloutée de ce soir de juillet, son émotion à peine contenue de toute la soirée, jusqu'à, enfin, tout savoir d'elle, qui elle était, ce qu'elle faisait en ces lieux, tellement médiocres pour elle. Là encore, son nom sort dans un souffle, épris d'amour éperdu. Le Juge jette un regard aux autres membres de ce curieux jury, on y lit de l'admiration. L'homme voudrait rester encore auprès de sa conquête retrouvée, lui crier son bonheur, mais il lui faut déjà découvrir la troisième identité.
Encore une fois, à tâtons, il goûte à même ce temple du plaisir, s'adonne à l'ivresse de la volupté. Et là encore, c'est le déclic. Comment le Jury a-t-il pu réunir les trois grâces qui ont bouleversé sa vie ? L'Homme manque défaillir, s'approche encore de la belle, laisse glisser sur sa langue les saveurs adorées, brûle de la posséder... Il n'en peut plus, la jouissance est trop forte.
"Château Petrus, 1985" murmure enfin l'œnologue, dans un souffle.
Monsieur l'œnologue n'avait pas atteint sa renommée pour son un profil d'oiseau de proie, mais pour les qualités concentrées entre son menton fuyant et son nez crochu, une bouche aux lèvres pleines dessinant en permanence un sourire carnassier. Bien sûr, ce n'était point l'apparence de cette bouche qui était remarquable mais bien ce qu'elle renfermait, un palais exceptionnel capable de disséquer les saveurs les plus subtiles, servie par une langue acerbe toujours prête à empaler ses ennemis au pilori de ses bons mots.
Pourtant, ce que les hommes ignoraient, et que bien des femmes savaient, était le miel que cette bouche savait distiller à la gent féminine, sa promptitude à embrasser et embraser les sens, sa capacité à faire naître le plaisir même dans les cas les plus désespérés. Ainsi, les mauvaises langues de la bourgeoisie provinciale se complaisaient en gorges chaudes, expliquant à mots à peine couverts comment sa langue agile avait su convaincre la veuve de Castignac de le coucher dans son lit et son testament, ce qui lui avait permis de devenir propriétaire d'un des plus beaux châteaux bordelais à la mort de la vieille dame dont, dit-on, le cœur n'aurait pas survécu à la chamade qu'il devait battre chaque nuit.
Monsieur l'œnologue, ainsi veuf, n'avait pourtant pas souhaité unir son cœur à celui d'une des jeunes filles de bonnes familles, dont les mains tendues étaient prêtes à panser sa plaie supposée, et saisir sa fortune nouvelle. Non, il préféra unir son corps à ceux des courtisanes qui voletaient sans répit autour de lui. Et parmi elles, il finit par en préférer une. Non pas qu'elle fût particulièrement belle, mais elle avait ce charme inimitable et cet esprit de libertinage qui lui plaisait tant, lorsque, en sa demeure seigneuriale, il organisait ces mystérieuses fêtes galantes.
Un jour, ou plutôt une nuit, alors qu'il psalmodiait à l'oreille de sa belle une improbable litanie d'amour, elle lui lança un défi. Un défi à sa qualité et son organe le plus remarquable, un défi à l'amour du corps qu'il encensait sans cesse, puisqu'il n'était point question de cœur. Serait-il seulement capable de la reconnaître, elle, avec pour seuls sens ceux qui lui avaient apporté fortune et célébrité, la reconnaître parmi une demi-douzaine d'autres avec sa seule bouche. S'il y parvenait, elle serait son esclave. Sinon elle deviendrait sa femme.
A suivre...
07:15 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : Erotisme, In Clito Veritas, cunnilingus, Littérature, histoire érotique
15 mars 2007
Le seigneur des anneaux
Hiver 2001. J’avais fait la connaissance de Marianne sur le forum Aventures d'auFeminin. Nous y avions échangé quelques messages, sur le ton d'une badinerie érotique qui devint rapidement d'une sensualité si affolante que je sautai dans un TGV, afin de rencontrer ma muse à la terrasse d’un restaurant lyonnais. L'objectif avoué était de réaliser son fantasme, flirter au cinéma, ce qui avait alors pour moi valeur de défi, avant que je ne fasse la connaissance de Sarah. Marianne était le stéréotype de la beauté méditérannéenne: Des yeux noirs charbonneux, une peau mate, et des formes féminines qu'elle savait mettre en valeur. Je ne garde pas de ce repas le souvenir de la fameuse gastronomie lyonnaise, mais la perspective de son décolleté plongeant, auréolé d'une bouche particulièrement sensuelle dont les lèvres couleur carmin semblaient me susurrer "luxure". Après le repas, il nous fallut un bon moment avant de trouver le fameux cinéma qui abriterait notre première étreinte, et pressés par le temps, nous dûmes opter pour le seul film dont la séance venait de commencer : « Le seigneur des anneaux ».
Inutile de dire que la salle était bondée. Cupidon doit cependant être un libidineux, il sourit même aux aventuriers déguisés en cinéphiles. Nous trouvâmes quatre sièges libres au tout dernier rang, juste assez pour nous asseoir, et poser nos manteaux sur les sièges de part et d’autre afin de délimiter un semblant de territoire. A peine étions nous assis que les hostilités commencèrent: Une bande de nains était poursuivie par des chevaliers ténébreux; Nos baisers affectueux l’étaient de plus en plus; Les nains escaladaient une colline; Mes doigts caressants s’étaient aventurés sur ses flancs, s’attardèrent sur l’affolant surplomb côté 95C, dégrafèrent toutes les sécurités et sautèrent sans élastique dans la faille de son irrésistible décolleté. C’était chaud, moelleux, divin. Taquin, je poussai l’audace jusqu’à sortir un sein de son écrin de dentelle. Dans la salle obscure, l’écran trépidant jetait un éclairage crépusculaire sur son mamelon dressé.
Mon aventurière n’était cependant pas femme à se contenter d’émotions impressionnistes. Elle avait déjà posé sa main sur mon entrejambe pour tâter de mon piolet. Je glissai mon autre main sous sa courte jupe. Mes doigts parvinrent rapidement à la lisière de ses bas, là où le satin laisse place à la peau nue. Ils musardèrent un moment tout en haut de ses cuisses jusqu’à l’ultime frontière de dentelle déjà bien humide. De deux doigts j’en tâtai les rondeurs, avant de l’écarter pour pénétrer sa touffeur. Je crois bien que nous arrivâmes ex æquo au terme de cette course haletante, car à ce moment là, elle avait déjà découvert mon pic dressé qu’elle tenait d’une main à la fois ferme et branlante. Dans un sursaut de pudeur, nous nous couvrîmes de nos longs manteaux pour mieux nous tripoter par en dessous, au cas où un des spectateurs hypnotisés par le film vint à détourner son regard vers nous. Mais non, rien ne les distrayait des trolls et autres monstres qui s'étripaient à l’écran.
Je pus donc poursuivre mon exploration en toute quiétude. Je glissai deux, puis trois doigts dans son intimité ardente. Elle était gorgée de sucs capiteux. J’en fis un tour exhaustif, de mouvements circulaires en lents va et viens, en insistant tout particulièrement sur les muqueuses parcheminées, ce qui lui arrachait à chaque fois un râle étouffé, avant de ressortir mes doigts trempés pour mieux les faire glisser autour de son bourgeon tuméfié. Inexorablement, son souffle se faisait plus court, son bassin se rapprochait du bord du fauteuil, sa jupe remontait le long de ses cuisses qui s’ouvraient toujours d’avantage à mes doigts capricieux. Soudain son corps se contracta et elle expira sa jouissance en un soupir irrépressible. D’horribles trolls qui chevauchaient des hyènes se faisaient décapiter à coups de hache dans un vacarme assourdissant. Personne n’entendait rien de nos ébats. Nous partageâmes le goût du pêché, comme deux garnements dégustent sur leurs doigts la crème chantilly chapardée au fond de la cuisine.
Si vous croyez que la belle était de celles qui se satisfont d’un orgasme furtif sous des doigts inquisiteurs, vous vous trompez lourdement. Lorsque Marianne se pencha vers moi après avoir repris son souffle, elle ne se contenta pas de me voler un baiser carnassier. Elle écarta prestement mon manteau qui cachait mon phallus qu’elle n’avait pas lâché, et elle l’engloutit entre ses lèvres pulpeuses. Sa position ne lui aurait pas permis d’avoir le bénéfice du doute face à un enquêteur de la police des mœurs, et elle mit en œuvre tout son art pour m’achever au plus vite. Sous l’effet conjugué de ses lèvres qui coulissaient sur mon membre, et de ses doigts qui dessinaient des arabesques sur mes testicules, je ne tardai pas à me répandre dans sa bouche. L’hémoglobine arrosait l’écran. La coquine avala mon nectar. Je surpris le regard éberlué d’une spectatrice assise à quelques sièges de moi. Nous n’attendîmes pas la fin du film pour fuir la salle en pouffant de rire.
J’ai perdu tout contact avec Marianne pendant des années. Je la gardais bien au chaud au fond de mes souvenirs, en me disant qu'après le sucre, l’adultère avait parfois un arrière goût amer. Et puis elle m'a recontacté l'été dernier.
07:45 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : erotisme, expériences, cinéma, marianne, fellation, exhibition, libertinage, histoire erotique
17 février 2007
Chez Pandore (1)
Il faisait chaud à en suer du vice. D'ailleurs, je le sentais couler entre mes omoplates, glisser dans mon dos comme une sueur froide, mouiller mes fesses et gonfler ma queue. J'étais assis face à l'écran, l'œil hagard et la main moite, tripotant fébrilement du majeur la molette de ma souris comme s'il s'agissait d'un clitoris, faisant défiler des chairs multicolores avec pour seule constante le pourpre des vulves écartelées. Oui, je sais, ces photos ne risquaient pas d'améliorer la situation, mais je n'y pouvais rien, c'était plus fort que moi. La moiteur du soir m'accueillit sur le trottoir en sortant du bureau. J'avalais péniblement ma salive. Je reconnaissais cette sensation d'excitation, lorsqu'elle est encore coincée dans la gorge, avant de descendre dans le bas du ventre en passant par le cœur, le faisant battre un peu plus fort au passage. Elle me donnait soif, envie de boire une bière ou n'importe quoi susceptible de me fournir une mauvaise raison pour franchir rapidement l'entrée de "Chez Pandore", et y assouvir ma curiosité entre autres bas instincts.
"Chez Pandore" était, selon ses mœurs, le haut lieu départemental du vice et du stupre, ou ses bas-fonds. Les bourgeois rivalisaient d'indignation à propos de cet établissement, et susurraient à qui voulait l'entendre que bien des notables y avaient leurs entrées lors de soirées infernales, auxquelles ils omettaient de mentionner leur présence. Une bonne partie de la gent masculine locale y avait donc été vue, et c'était là le meilleur rempart contre les calomnies. J'évitais cependant de tergiverser aux portes de cet enfer pour ne pas être remarqué par les vipères du coin qui s'empresseraient d'amplifier mon forfait jusqu'aux oreilles de ma femme. Sitôt la frontière de velours rouge franchie, je fus accueilli par l'odeur caractéristique des lieux pour mâles en perdition, une odeur musquée comme un parfum de femme cueilli au creu des reins, fragrance un rien épicée, dont il devait exister des bombes aérosols à base d'essence de bordel comme il existe des bombes de neuf pour mieux vendre les voitures d'occasion. J'en étais à ces réflexions lorsque je réalisai que mes pas m'avaient mené jusqu'au bar, au cœur de l'antre des femmes légères, pour la première fois.
Il n'y avait pas grand monde, trois ou quatre clients au regard blasé et une entraîneuse noire juchée sur un haut tabouret, sa robe longue ouverte sur un gros manque de vertu. Probablement trop tôt dans la soirée. Une jeune femme vêtue de court m'indiqua une place au bord de la scène vide, obscure comme un puits sans fond, avant de me tendre une carte aux prix hallucinants. Je compris rapidement les règles du jeu, et j'optai pour une bière plutôt que la petite coupe de mauvais champagne qui m'était proposée, résistant héroïquement à la serveuse et sa moue équivoque desservie par un regard dédaigneux. Le jeu consisterait à boire le plus lentement possible, afin de ne pas avoir à commander une autre boisson. Je trépignais d'impatience de me rincer l'œil et la gorge. La guerre d'usure avait commencé. Une voix off masculine et empressée ouvrit les hostilités en annonçant le prochain spectacle.
Eva apparu dans un halo de lumière rouge projetée sur le nuage d'azote qui se répandait complaisamment autour d'elle. Elle ne portait pas une tenue de scène classique, une de ces robes moulantes en lycra dont les bretelles glissantes auraient rapidement libéré des seins meurtriers comme des obus, ni même une de ses tenues exotiques d'infirmière ou de bonne sœur, blasphème aux soins des âmes aux corps perdus. Non, elle portait un tailleur. Un tailleur strict, gris anthracite, une tenue au classicisme exubérant, une tenue de commerciale innocente, totalement déplacée et d'autant plus excitante. Elle avait même poussé la provocation jusqu'à porter un pantalon. Si ce n'était sa démarche chaloupée sur un air suave de Sade "I Never Thought I'd See The Day", si ce n'était son regard à la fois trouble et résolu, on aurait pu croire qu'elle se rendait à un conseil d'administration. Sauf qu'on était "chez Pandore".
Eva esquissa un sourire servile en ôtant sa veste avant de l'accrocher au dos d'un fauteuil de bureau qui apparaissait sous les spots, et dont elle flatta le cuir noir de la paume de la main.
- Vous êtes en retard Eva !
La voix qui résonna dans la salle me fit tressaillir. Une voix féminine, jeune, teintée de ce léger et délicieux accent méridional qui n'entamait pourtant en rien son ton autoritaire et cinglant. La voix renchérit à nouveau
- Je ne veux pas entendre vos sempiternelles excuses ! Et quelle est cette tenue ? Vous vous imaginez déjà à ma place, dirigeant cette entreprise en costume Yves St Laurent ?
Eva se tenait comme une petite fille, tête baissée, les mains croisées devant elle, le rouge aux joues.
- Vous n'êtes que ma secrétaire, ne l'oubliez pas. Et à ma merci ! Déshabillez-vous mon petit...
L'ordre avait été donné, sans appel, sur une octave imperceptiblement plus basse, d'une voix légèrement voilée où transparaissait un noir désir, laissant déjà imaginer les turpitudes auxquelles Eva serait soumise. Eva leva un visage larmoyant, j'eus l'impression qu'elle m'implorait du regard comme si cet ordre était le mien, elle fit non de la tête, négation aussi effrayée qu'inutile car déjà capitulaient les premiers boutons de son chemisier blanc sous ses doigts tremblants.
- Allons mon petit, détendez-vous, je ne vais pas vous manger, mais ne me décevez pas !
Le chemisier s'ouvrit sur une lingerie de dentelle blanche qui moulait de petits seins hauts placés. Son ongle carmin effleura la lisière de dentelle, repoussant lentement ses limites dévoilant une chair pâle, frissonnante, jusqu'à libérer un téton rose et pointu. De loin, j'eus même l'impression qu'une larme venait de couler sur ce sein émouvant. D'un seul coup, Eva rabattit les pans de sa chemise sur sa poitrine et baissa à nouveau son visage cramoisi de honte.
- Maintenant, enlève le bas !
Retenant de la main gauche les pans son chemisier fermé sur ses seins, la droite glissa mollement le long de sa cuisse, ses doigts hésitèrent un instant, ouvrirent sa ceinture, firent lentement glisser la fermeture de son pantalon, et avec une infinie langueur, elle le repoussa vers le bas jusqu'à ce qu'il tombe à ses chevilles. Elle n'eut qu'un pas à faire pour laisser les oripeaux de sa pudeur sur le sol, alors que la musique qui s'emballait semblait monter comme un frisson le long de ses cuisses fuselées, achevant de transfigurer l'employée soumise en strip-teaseuse lubrique. La voix off semblait celle d'une fille au bord de l'orgasme.
"Caresse-toi !" Les pans de son chemiser s'ouvrirent à nouveau sur son ventre, et ses mains qui glissaient sur sa peau, vers ses seins. Eva dégrafa son soutient gorge par-devant, remplaçant les bonnets par la paume de ses mains caressantes, et puis violentes lorsqu'elle tritura ses tétons entre ses doigts, rejetant sa tête en arrière, avant de me jeter au visage un regard fauve. Je sifflai ma bière d'un seul coup. "Montre-moi ton cul !" Elle se retourna, s'accroupit, releva sa chemise comme si elle allait uriner, avant de la jeter au travers de la salle. Sa petite culotte saillait entre ses fesses rondes, deux globes entre lesquels la dentelle n'en finissait pas de glisser. "Branle-toi !" Elle se dirigea vers le siège à quatre pattes comme une chatte en chaleur, s'y agenouilla face au dossier, cuisses écartées, cambrée au maximum, se penchant toujours plus en avant jusqu'à ce que le siège bascule, sa petite culotte tendue à éclater sous la pression de sa vulve gonflée. Sa main glissa entre ses suisses et elle frôla son entre-jambes d'un doigt taquin, qui jouait à repousser l'élastique, toujours un peu plus loin, faisant saillir ses lèvres gonflées. Je déglutissais la petite coupe de champagne sans même m'en rendre compte.
Soudain, un spot éclaira une autre partie de la scène. Derrière un bureau cossu, une blonde platinée fumait un cigarillos, une main enfouie sous sa robe rouge sang qui farfouillait entre ses cuisses. Grande, son visage émacié et sévère était outrageusement maquillé. Une bretelle de sa robe avait glissé, libérant un sein lourd et ferme. La blonde se leva, se dirigea vers Eva qui gardait la pose, et approcha de son visage abandonné sur le cuir du fauteuil. Il écarta les pans de sa robe. "Suce-moi !" Entre ses cuisses pendait une queue de vingt bons centimètres. Je faillis m'étrangler avec le cognac. La lumière s'éteignit sur cette vision infernale qui eut le mérite de me faire débander, me permettant ainsi de me lever en titubant. La note acheva de me remettre les idées en place et je me dirigeai promptement vers la sortie.
Je franchis les rideaux rouges comme une balle perdue et percutais une passante qui s'écroula sur le trottoir. Je la regardai se lever, tétanisé avant de tourner les talons et prendre la fuite comme si le diable était à mes trousses. Ce n'était pas complètement faux. Je venais de bousculer Madame Michaud, mon chef comptable, une vraie diablesse.
08:50 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : pandore, littérature, histoire érotique, erotisme
14 février 2007
Rêve 911
C'est un rêve.
Toujours le même.
D'abord une brume. Une brume opaque, opalescente, onirique. Il me semble que j'y avance, lentement, bras tendus probablement, mais je ne peux rien distinguer dans cette clarté diffuse, même pas le bout de mes doigts. D'ailleurs je ne sens rien, ni chaud, ni froid, ni aucun obstacle. Je suis le spectateur d'un travelling avant léthargique, jusqu'à ce qu'une forme apparaisse devant moi.
Une forme diffuse, presque une ombre.
J'en distingue à peine les contours, mais cela ressemble à une femme. Une femme de profil, agenouillée. Ou plutôt prosternée, sa longue chevelure jetée en avant sur ses bras tendus. Immobile, comme dans l'attente d'un Dieu jaloux. De sa nuque à ses reins, la ligne rigoureuse de son dos courbé semble tracée au compas, avant de se perdre dans la brume de ce rêve indolent.
Dans mon rêve, toujours le même, depuis des années, depuis mon enfance, ou plutôt mon adolescence, dans mon rêve je m'approche de cette forme féminine, tout en la contournant, les yeux rivés sur elle. Comme si elle était le centre et l'aboutissement d'une longue spirale. Par derrière, je crois discerner le galbe de ses hanches, tendres rondeurs flottantes. Il me semble bien qu'elle est nue, ou peut-être recouverte d'un simple voile, d'une mousse enveloppante, vaporeuse, translucide, qui ne masquerait rien, sinon les angles les plus vifs, et le tendre pli de son aine à la base de sa cuisse repliée. Il me semble que je pourrais la toucher.
Je tends le bras.
Je m'approche encore un peu plus. Les formes se précisent maintenant, symétriques. Ma main en souligne l'harmonie. Mais je ne la touche pas, par peur de la réveiller, ou de me réveiller, enfin, de la perdre. Je la frôle à peine. Pourtant qu'ai-je à craindre ? Dans mon rêve, je sais qu'elle est mienne. Elle m'attend. Je sais qu'elle m'attend. Elle est là, prosternée, immobile, offerte au plus offrant. Et le plus offrant, c'est moi. Elle est comme une pute de luxe et elle m'appartient. Je la possède. Oui, dans mon rêve, je la possède. C'est un rêve intime. Je n'en parle à personne. Sauf à ma femme. Enfin, mon ex femme. Je lui en parlais, mais elle ne voulait rien entendre, elle ne voulait pas comprendre. Peut-être qu'elle ne pouvait pas. Parce que cela lui rappelait ses propres cauchemars. Mon ex ne voulait absolument pas entendre parler de ce rêve. Comme si c'était une rivale.
Dans mon rêve, je la prends, lentement. Pour ne pas la brusquer, et surtout bien savourer ce moment. Pour que mes souvenirs affluent, ceux de la première fois, quand je l'ai ouverte. Pénétration. Une fois lové à l'intérieur, dans sa douce chaleur, je ne bouge plus. C'est étroit mais confortable, moelleux et enveloppant. J'exulte. Il faut que je me calme. Ne pas partir tout de suite. Dans mon rêve, j'inspire un grand coup. Il me semble même percevoir son parfum délicat. L'odeur du luxe. Du fric. Quel abruti a dit que l'argent n'a pas d'odeur. L'odeur de l'argent, c'est la sienne. C'est aussi pour ça que je l'aime. J'attends encore un peu. Je la connais. Dans ses moindres détails. Je sais que lorsque je serai prêt, elle démarrera, au quart de tour. Elle rugira comme un fauve. Mon plaisir sera alors à son comble. Mais il faudra tenir la route. Aller jusqu'au bout. Avec elle. Maintenant. Je tourne la clef de ma Porsche 911.
08:15 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : Erotisme, Littérature, histoire érotique
10 février 2007
L'enfer (1)
Printemps 2006. Catherine était ravie. Depuis le temps qu'elle voulait rencontrer "Ze (in)famous Vagant", elle tenait son rendez-vous, et quel rendez-vous ! Jusqu'alors, elle n'avait aperçu de lui que des bouts de corps, certes prometteurs, sans pour autant porter l'estocade à ses désirs puisqu'elle n'avait ni les oreilles, ni la queue. Il lui avait ainsi lancé le défi de le reconnaître à son supposé regard pétillant dans la file d'attente d'un cinéma, ce dont elle se sentait déjà incapable. De plus, elle devrait oser le toucher sans autre forme de procès, jusqu'à le déshabiller dans la salle pour le reconnaître à son boxer noir avant d'avoir échangé un seul mot, ce qui était une véritable épreuve pour sa timidité naturelle. Même si, portée par le courant des mots qu'ils échangeaient sur messenger, elle avait été jusqu'à lui suggérer qu'elle pourrait lui faire une fellation dans cette salle de cinéma, le soir venu, elle n'en menait pas large. La sourde inquiétude qu'elle sentait au creux de l'estomac n'égalait pourtant pas les troubles sensuels qu'elle faisait naître, et la perspective de ce rendez-vous nourrissait les masturbations nocturnes dont elle ne se privait pas, entre autres récits d'expériences érotiques extravagantes que son correspondant distillait savamment.
Les jours passèrent, l'angoisse montait mais l'excitation plus encore. Mercredi finit par arriver et Catherine se précipita dans son kiosque habituel pour acheter l'officiel des spectacles. Plusieurs séances semblaient convenir au fameux rendez-vous, dont une histoire de geisha vaguement érotique qui ferait bien l'affaire. Elle envoya un mail à Vagant pour lui faire part de sa trouvaille, mais il proposa un autre film, un navet interdit au moins de 12 ans, qui ne drainerait probablement pas les foules. Catherine qui avait lu le roman avait bien envie d'en voir l'adaptation cinématographique. Ca tombait bien. Le rendez-vous fût donc pris au cinéma du forum des halls, 20h35 pour le film Hell.
Catherine prit soin d'arriver bien avant le début de la séance afin d'avoir le temps d'observer tous les hommes seuls de la file d'attente. Ils étaient peu nombreux. La plupart des hommes étaient accompagnés, et les rares solitaires qui se présentaient à la caisse faisaient d'improbables Vagant. Même si certains auraient pu le faire, comme on dit, ils ne la regardaient pas ostensiblement, et si leur regard croisait celui de Catherine, ils posaient sur elle celui de tout homme sur une jolie femme, pas celui d'un Vagant qui s'apprête à trousser vos jupes. Et puis des indices les trahissaient: le portable à la sonnerie intempestive alors que Vagant n'en avait pas, l'absence d'alliance alors que Vagant était marié mais pas trop, ou une queue de cheval dont elle aurait probablement entendu parler si Vagant en avait eu une. Il faut dire que Catherine avait un peu triché. Elle n'avait pas loupé une occasion de demander aux copines du forum à quoi il pouvait bien ressembler, ce Vagant, mais elle recevait toujours la même réponse: un mec sympa, normal, sans autre précision utile. Elle était bien avancée avec ça. A 20h25 elle décida d'entrer dans la salle déjà pleine aux trois quarts. Elle ne voulait pas changer de place pour aller s'asseoir à côté de lui. Elle préférait qu'il vienne à elle. Autant qu'elle lui réserve une place aussi discrète que possible.
Ce jeudi là, mon Eurostar arriva gare du Nord avec 35 minutes de retard. La porte du train fut à peine ouverte que j'en jaillis comme la semence d'un éjaculateur précoce. Je me mis aussitôt à courir dans la foule comme un spermatozoïde en pleine compétition spermatique. Je dévalai les escaliers du métro, je me ruai sur le quai du RER qui s'apprêtait à partir. J'échappai de justesse au couperet des portes qui claquèrent derrière moi. Arrivé à Châtelet, avec mon sac sur le dos, je repris ma course effrénée dans les couloirs et les escalators, je traversai le forum des halles comme une balle perdue et j'arrivai à bout de souffle devant le cinéma. Comme je m'y étais attendu, mon coeur battait la chamade, mais je n'avais pas imaginé que ce fût déjà pour des raisons sportives. La séance allait commencer dans quelques minutes et je pris aussitôt place dans la file d'attente, en accrochant un sourire à mes lèvres au cas où Catherine serait dans les parages. Je repensais aux indices que nous avions évoqués afin de nous reconnaître, de ces regards croisés et décroisés qui trahissaient toujours les éventuels futurs amants, et j'essayais d'en gratifier ostensiblement la population féminine aux alentours. Je ne reçu en retour que quelques regards mornes. Il y avait très peu de jeunes femmes temporairement seules. Arrivé au guichet, je demandai ma place pour l'enfer.
08:40 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : erotisme, expériences, cinéma, l'enfer, catherine, libertinage, histoire erotique
03 février 2007
Le désir du pouvoir
Quelques semaines plus tard, j'ai invité Coralie à passer une soirée à Londres avec moi. Hôtel de grand luxe, dîner à Soho dans un thaï branché de chez smart, promenade en vélo-taxi (à 23h au mois de janvier, cela frise le masochisme, mais c'est si romantique...), tout allait pour le mieux jusqu'au moment fatidique. Curieusement, je la trouvais bien moins sensible à mon massage sur le lit de la chambre d'hôtel qu'au sauna, et mes préliminaires ne semblaient pas atteindre leur but. Elle dédaignait mon cunnilingus, préférant mes caresses manuelles auxquelles elle ne réagissait qu'avec un plaisir modéré, bref, j'avais bien du mal à trouver mes marques avec cette femme insaisissable. Incapable de la faire jouir au cours de ces préliminaires marathoniens, je me suis résigné à la pénétrer, pensant que j'avais à faire à une irréductible vaginale. Au début, elle y a réagit positivement, et naturellement, j'ai augmenté la cadence en pensant qu'au grand galop, je l'emporterais dans ce pays où on ne voyage que les yeux révulsés par l'orgasme. Mais c'est d'un regard noir qu'elle me fustigeait, la mine impassible et les traits serrés, alors que je me déchaînais dans son ventre au point d'y jouir tout seul, comme un con, au fond de mon préservatif. Le fiasco ! Confus, je me suis allongé à bout de souffle à ses côtés. Elle a allumé la cigarette post coital faut d'être post orgasmique. "J'aurais au moins réalisé un fantasme, me dit-elle. - Ah oui, et lequel, lui ai-je répondu surpris ? - Celui de l'épouse qui reçoit son légionnaire de mari à son retour de mission, et qui se fait défoncer sauvagement...".
Comme vous pouvez vous y attendre, ami lecteur, Coralie et moi avons perdu le contact. Et puis je l'ai revue l'été dernier au cours d'un dîner mémorable qui s'est terminé dans un sauna, encore une fois, le Sultana quelques jours avant sa fermeture. L'ambiance était étrange, certainement moins bon enfant qu'à l'hyppocampe mais néanmoins agréable, et nous nous sommes isolés dans une cabine de massage. Après avoir oeuvré sur son corps alangui, Coralie a pris les choses en main, au sens propre comme au figuré: "Je vais te donner une leçon, me dit-elle, une leçon de micro-mouvements. Laisse toi faire !". Je me suis allongé sur le dos, avec l'interdiction formelle de donner un seul coup de rein. C'est elle qui m'a baisé, et elle est parvenue à ses fins. J'ai compris ce soir là que son désir était de dominer la situation et imposer son rythme... lent! En m'y soumettant, je lui ai ainsi laissé une impression plus positive que celle du légionnaire en rut.
Ainsi se termine ma trilogie avec les saunas en toile de fond et les enjeux sensuels au premier plan: le pouvoir du plaisir, le plaisir du désir, et le désir du pouvoir.
08:55 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Expériences, désir, pouvoir, coralie, Littérature, histoire érotique, Erotisme
24 janvier 2007
Nuit d'ivresse
Décembre 2003. J'avais décidé d'écourter mes vacances familiales pour réveillonner avec Elsa, ma jeune maîtresse, la femme de ma vie du moment, une splendide mythomane qui s'était inventé une activité d'escort girl pour mieux me séduire, et dont j'étais tombé follement amoureux. J'avais renoncé à trouver un gros mensonge conjugal pour justifier mon départ anticipé et rentrer seul en France. Ma femme, princière, avait décidé de fermer les yeux sur la seule frasque que je ne lui ai jamais avouée. Elsa n'est jamais venue à notre rendez-vous gare du Nord. C'est triste, un quai désespérément vide, qu'on scrute, les yeux au bord du gouffre, et qui s'attachent à la moindre silhouette qui pourrait être elle. Pourtant, je savais à quoi m'attendre, elle m'avait prévenue que c'était une folie, qu'elle devait rester avec son mec. Allez savoir pourquoi je m'étais imaginé que les horloges de la gare contempleraient une fois de plus nos étreintes forcenées.
Dans une réaction de revanche convenue, je décidai sur-le-champ de noyer cette rupture dans l'ivresse. Petit bémol, je n'aime pas l'alcool. Qu'à cela ne tienne, je trouvai une soûlerie à ma mesure. Le soir même, j'aurai sombré corps et âme dans la luxure. Je me serai vautré dans une partouze pour oublier mes états d'âme, je me serai abreuvé de chattes ruisselantes, j'aurai arrosé des lèvres accueillantes, elles. Un seul problème, j'étais seul. Après une ridicule tentative désespérée sur MSN pour me trouver une charmante compagnie à l'impromptu, je me résignai à opter pour un club échangiste qui accueillait les hommes seuls. Ce serait l'hyppocampe de St Maur, un sauna, faute de mieux.
J'eu du mal à trouver la ruelle nichée dans une banlieue morose, puis une place pour me garer, et je me pointai enfin à l'entrée du dispensaire aux alentours de 23h. Une myope m'ouvrit et son sourire se mua en un rictus rébarbatif lorsqu'elle constata que j'étais seul. "Je ne peux pas vous accueillir. Il n'y a pas assez de couples ce soir !", me dit-elle sèchement. Ce n'était certainement pas ce cerbère à lunettes qui allait m'interdire l'accès à mon orgie infernale! Je lui annonçai que je reviendrai plus tard, et j'allai me poster dans ma voiture, aux aguets, prêt à emboîter le pas au premier couple venu. Je n'eus pas trop longtemps à attendre, une petite brune pimpante et un colosse passèrent le sas avec les honneurs. Je sonnai à nouveau. Cette fois, l'accueil fut franchement meilleur, d'autant plus qu'un autre couple que je n'avais pas vu arriver m'emboîtait le pas. Je me retrouvai ainsi dans le couloir qui servait de vestiaire, avec une blonde joviale et un ténébreux tristounet. Un peu gêné par la promiscuité, je n'osai pas croiser leur regard. Je me déshabillai rapidement, je m'attachai maladroitement une serviette autour des reins, l'uniforme des hommes seuls qui n'avaient pas droit au peignoir - attribut distinctif du couple - et j'atterris dans la zone bar du sauna.
Je commandai tout de suite un coca que j'avalai d'un trait d'une main tremblante. A côté, un homme sûr de lui me regarda en souriant. Je n'étais pas fier et ça se voyait. L'instant de panique passé, j'évaluai l'étendue des dégâts d'un coup d'œil navré. Une douzaine d'hommes seuls traînaient ça et là, du sauna au hammam avec entre les jambes le poids d'un ennui palpable. Un couple de quinquagénaires en surcharge pondérale était assis devant le porno qui trônait près dur bar. L'homme affichait un sourire épais. Sous la douche, je vis la petite brune pimpante avec son partenaire taillé comme un gorille. Au hammam, un jeune homme seul se lamentait sur son triste sort. "Misère! Misère!" Psalmodiait-il en vain après chaque nouveau râteau. Les autres ne pipaient pas mot. En procession silencieuse, ils suivaient les rares couples à la trace comme des badauds suivent les obsèques d'une célébrité sans en avoir l'air. Il y avait autant d'ambiance que dans le métro à 8 heures du matin, avant la compétition quotidienne. Ce soir là, la compétition serai autrement plus tendue, sans mauvais jeu de mot. Il était clair qu'il n'y en aurait pas pour tout le monde. Les autres hommes étaient des concurrents, des adversaires. Moi, j'étais hors jeu.
De retour du hammam, j'allai m'asseoir sur un matelas, seul. Je n'étais pas dans une partouze échevelée, mais dans un groupe éphémère de mammifères dont les mâles dominants accepteraient ou non de partager leur femelle attitrée. Tout cela reflétait plus des instincts grégaires qu'un hédonisme libéré. Un nabot grisonnant vint s'asseoir non loin de moi. Si je ne me faisais guère d'illusion quant à tirer la moindre satisfaction sexuelle de cette compétition, le pauvre vieux semblait vaincu d'avance avec ses petites moustaches et ses lunettes en cul de bouteille. Pour passer le temps, j'allai me faire suer au Sauna. A mon retour, la petite brune pimpante et le grand brun simiesque avaient pris ma place. Le vieux nabot avait réussi à se placer auprès du couple. C'était un habitué des lieux, il avait la tchatche tout en observant une position obséquieuse face au mâle dominant. Ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire des grimaces. Ils se levèrent tous les trois, bras-dessus bras-dessous, le nabot au milieu. C'était cocasse. Il tenait la petite brune par la taille, et avait le bras tendu en l'air pour atteindre l'épaule du colosse. Plus tard, je les vis tous les trois dans un coin câlin. Elle était 4 pattes, la tête du nabot entre ses cuisses écartées. Elle suçait son mec qui semblait avoir plus de mal à gonfler l'organe décisif que ses biscotos agressifs.
Un peu plus loin le gros des troupes était au garde à vous devant un grand matelas où oeuvraient deux hommes sur la blonde joviale. Je regardais les hommes seuls qui jouaient des coudes et du poignet pour être au premier rang au meilleur de leur forme, au cas où le trio tournerait au gang-bang. Je n'avais rien à faire parmi ces morts de faim qui brandissaient leur quéquette comme des réfugiés brandissent leur marmot affamé devant un convoi humanitaire. Une fois les deux acteurs achevés, la femme signifia la fin de la scène aux figurants déçus qui débandèrent dans tous les sens du terme. J'optai pour une retraite définitive vers les vestiaires. Je rendis ma serviette au gérant qui me demanda ingénument si j'avais apprécié la soirée et si je reviendrais. "Non, je crois que ce n'est pas mon truc", répondis-je franchement. Je n'ai pas pris de douche quand je suis rentré chez moi. Inutile. J'aurai dû me décaper l'intérieur au Karcher.
09:35 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Expériences, sauna, Hyppocampe, libertinage, Littérature, histoire érotique, Erotisme
11 janvier 2007
Equations à plusieurs inconnues (1)
Avril 2006. Claire avait passé une excellente journée, pleine de fantaisie. De fantaisie intérieure, car son travail de bureau n'était pas des plus palpitants. Ainsi, derrière la sage apparence d'une jeune femme bien sous tous rapports, Claire laissait souvent son esprit vagabonder vers de douces rêveries érotiques, d'autant plus efficaces à distiller son ennui qu'elles croisaient l'image de Guillaume, qu'elles allaient prendre corps, son corps, et que le désir flou allait devenir plaisir imminent. Plongée dans un bain chaud, Claire ne put résister au plaisir de prendre son portable pour relire les SMS qui avaient animé son week-end.
Vendredi, 19h23
Depuis si longtemps que je pense à toi, Claire,
Enfin me vient le temps de t'envoyer des vers,
Pour me faire pardonner de ce travail maudit
Et puis te demander si tu es libre lundi.
Guillaume
D'abord surprise, et par la forme et par l'expéditeur qui se rappelait ainsi à son bon souvenir, Claire s'était prise au jeu désuet des alexandrins. Leçon numéro 1, afficher une insolente indifférence, sans pour autant clore le débat. La tactique était risquée. Quitte ou double. Elle pouvait fort bien se retrouver à se morfondre face à Michel Drucker plutôt que de vibrer entre les bras de Guillaume, mais elle pouvait en tirer d'autant plus de plaisir qu'elle se serait fait désirer.
Vendredi, 21h42
Si la rime est pauvre, l'intention est louable.
De quelles galanteries serais-tu donc capable ?
Claire
Claire déposa le portable sur le sol carrelé. Elle fit couler au creux de ses paumes une noisette de crème de bain et elle ferma les yeux. Ses mains glissèrent nonchalamment tout au long de son corps alangui alors que son esprit vagabondait à l'orée de ses fantasmes, ceux qui allaient se réaliser ce soir là. Un sourire béat éclaira son visage alors qu'elle imaginait déjà le scénario qu'il lui avait proposé, à moins que la cause en fut ses mains qui s'étaient rejointes aux alentours de son pubis. Sous ses doigts tendres, elle sentit s'épanouir son désir dans l'eau turquoise de son bain tiède. L'eau venait lécher la peau de son ventre à demi immergée, comme les vaguelettes d'une mer d'huile viennent mourir sur la langue de sable blanc d'une île marquise. Au sommet de son sein se dressait un téton rose souverain. Il semblait veiller sur ses pensées luxurieuses comme un Christ sacrilège contemple les vices de Rio. Entre ses cuisses immergées, dans l'anfractuosité ornée de corail, se cachait son clitoris, aux aguets comme une murène prête à bondir sur le premier doigt qui passerait à sa portée. Mais le doigt était avisé. Il savait jusqu'où aller sans que Claire ne ressente trop vivement la morsure du désir, avant que cela ne déclenche une incontrôlable tempête. Il se contenta de plonger sans risquer de se frotter aux récifs, juste pour débusquer quelques poils qui auraient échappé à l'épilation. Mais le pubis de Claire était lisse comme celui d'un bébé. Elle ouvrit les yeux, émergea de la torpeur et du bain, puis essuya lentement sa peau ruisselante. Dans moins d'une demi-heure, Guillaume serait là, elle n'avait plus de temps à perdre.
Claire mit un parfum suave et de la dentelle noire qui soulignait ses formes galbées. Elle reprit machinalement son portable et elle ne put s'empêcher de relire les messages de Guillaume.
Samedi, 12h15
Mes intentions sont douces mais mon désir sauvage,
Et même si c'est à toi de m'imposer un gage,
Je voudrais te lancer un défi byzantin!
T'imagines-tu aux mains de galants libertins,
Auxquelles je t'aurais livrée pour ton bon plaisir,
Puisque leur objectif serait de te faire jouir ?
Guillaume
Elle avait beau l'avoir lu plusieurs fois, il lui faisait toujours le même effet, comme un coup de chaleur qui envahissait son bas ventre et qu'elle sentit fondre une fois de plus. Et puis un frisson, une pointe d'angoisse qui se mêlait à l'excitation d'être livrée à des inconnus. Pouvait-elle faire aveuglément confiance à Guillaume ? Qui étaient-ils donc, ces supposés galants libertins dédiés à son plaisir ? Elle avait du respirer profondément pour parvenir à se calmer et trouver la juste réponse:
Samedi, 13h38
Soumise mais dorlotée ? voilà un doux dessein
Auquel je céderais volontiers plus d'un sein !
Qui sont ces gentilshommes, si prompts à honorer
Une femme de leur douceur, pour mieux la dévorer ?
Claire
Claire fut tirée de sa rêverie par la sonnerie de l'interphone. C'était Guillaume. Claire eut juste le temps d'enfiler son chemisier qu'il frappait déjà à la porte. Elle l'ouvrit sur son sourire radieux. Il déposa sur les lèvres de Claire un vif baiser en entrant d'un pas primesautier.
- Bonjour Claire ! Comment vas-tu ?
- Bien ! Je suis content de te voir !
Guillaume jeta son regard pétillant sur les pans du chemisier que Claire portait pour tout vêtement, et qui flottaient librement sur ses cuisses nues. Il lui répondit malicieusement.
- Et moi donc ! Tu es prête ?
- Laisse-moi dix petites minutes.
- Pas de soucis ma belle, nous ne sommes pas en retard.
Guillaume s'assit dans le canapé et alluma son portable. Aucun message, tout devait donc se dérouler comme prévu. Il relut avec plaisir ses derniers échanges par SMS avec Claire. Puis il se leva, et il avança vers la chambre où Claire enfilait ses bas. Il regarda le satin noir glisser autours des ongles carmin de la jeune femme qui ne l'avait pas entendu venir. Le son caractéristique de ce tissu lui avait toujours semblé très érotique. Il déclama la réponse qu'il lui avait fait samedi soir sur un ton emphatique.
Samedi, 19h17
Sache juste qu'ils te plaisent, tous ces aventuriers!
Tu seras caressée, tes poignets seront liés,
Comblée, les yeux bandés, tu seras embrasée,
Et je te défie de ne pas vocaliser !
Guillaume
Claire posa sur lui un regard trouble. Il enchaîna aussitôt pour mieux cerner l'état d'esprit de la jeune femme:
- Tu n'as pas trop flippé en apprenant que tu serais attachée, les yeux bandés ?
- Si, je dois bien l'avouer... mais je te fais confiance, et cette idée m'excite !
- En tous cas, tes réponses n'ont pas manqué d'aplomb, sur la forme et sur le fond. Laisse-moi relire ce que tu m'avais répondu...
Samedi, 21h10
Ils me plairaient déjà, et je ne pourrais gémir
Sous tout ce plaisir qui me ferait défaillir ?
Voilà qui est cruel, mais si tel est le jeu
Il me faut bien savoir quel en serait l'enjeu ?
Claire
- Donc je les connais, demanda à nouveau Claire en mettant une jupe gris anthracite?
- Certains, plus ou moins.
- Et je ne devrai pas dire un mot ?
- Oui, jusqu'à la fin de l'épreuve.
- Comment saurais-je que c'est terminé ?
- Tu le sauras.
- Je ne pourrai pas résister bien longtemps, je vais perdre...
- Je suis sûr que tu as des ressources cachées.
- Remarque, si je perds, tant pis pour toi ! qu'avais-tu écrit exactement, au sujet de l'enjeu, insista t'elle en enfilant ses bottes
- Alors, alors...
Samedi, 22h06
Si tu gagnes, tu pourras assouvir tes envies
Avec ceux de ton choix, qui en seront ravis.
Si tu perds, tu pourras assouvir ta vengeance
Sur moi et sur moi seul, pour mon outrecuidance.
Guillaume
- Que je perde ou je gagne, je sens que je vais bien m'amuser ! Je suis prête !
Guillaume éteignit son portable sans relire le dernier SMS qui concluait leurs échanges du week-end, et qu'il avait pourtant attendu impatiemment:
Dimanche, 10h33
Je n'ai plus la moindre vertu à perdre, j'accepte !
Je sens que de ces jeux je risque d'être adepte...
Claire
08:00 Publié dans Défis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erotisme, expériences, equations à plusieurs inconnues, guillaume, claire, histoire erotique
09 janvier 2007
Le mot magique
Certains couples libertins utilisent un "mot magique" pour indiquer discrètement à leur conjoint qu'ils ne s'imaginent plus avoir des relations horizontales avec le couple chez lesquels ils ont été invités à passer une soirée potentiellement coquine. Il s'agit d'un code définit à l'avance, un mot anodin mais néanmoins improbable, comme "crocodile" ou "hippopotame", qui est subrepticement glissé dans la conversation pour dire à son conjoint "sauve qui peut !" sans vexer ses hôtes. Dès que le mot magique a été prononcé, le couple doit prendre la tangente, en simulant par exemple l'appel affolé de la nounou due à la varicelle éclair du petit dernier. Toutes ces techniques sont éprouvées, mais à l'inverse, comment peut-on au sein d'un couple, signifier discrètement à son partenaire le désir qu'on éprouve pour un tiers alors que de simples regards équivoques ont été échangés ? Peut-on aussi employer un mot magique ?
Le sauna/hammam l'hyppocampe peut être propice à la détente. Exclusivement réservé aux couples le vendredi après midi, j'ai eu l'occasion de m'y rendre plusieurs fois, dont une avec Béatrice, une jeune célibertine qui souhaitait néanmoins que je m'occupe exclusivement d'elle. Il y avait peu de monde ce jour là, trois ou quatre couples tout au plus. Après la douche et le hammam, nous avons dérivé vers les coins câlins, et nous avons jeté l'ancre auprès d'une sorte de podium, surplombé par une mezzanine. Béatrice s'est étendue sur le grand matelas qui recouvrait cette estrade, j'ai fait couler sur son dos d'odalisque quelques gouttes de la bouteille d'huile que j'avais pris soin d'amener avec moi, et j'ai commencé à lui prodiguer un doux et voluptueux massage. Béatrice a une beauté raphaélique: une peau laiteuse, des seins petits et fermes, des hanches larges dont le galbe féminin se prolonge jusqu'aux cuisses, avec entre les deux une croupe somptueuse: ronde, ample, ferme, un délice à caresser et auquel nous prenions d'ailleurs un vif plaisir partagé, lorsqu'une femme apparemment seule est entrée dans la pièce.
La trentaine, noire, son buste pulpeux recouvert d'un paréo, elle s'est avancée d'un pas hésitant, voire timide. Béatrice, les paupières closes, n'a pas vu venir cette femme que j'observais en souriant: elle s'est aventurée dans les escaliers pour jeter un coup d'œil à la mezzanine, vide, et elle est redescendue pour s'approcher un peu plus près de nous. Moi, je ne savais plus où poser les yeux. Sous mes doigts, deux demi-sphères à la blancheur lunaire, entre lesquelles palpitait un oeillet pourpre qui ne demandait qu'à s'épanouir sous mes baisers fiévreux. A côté, presque au point de s'asseoir, une charmante jeune femme visiblement attirée par le spectacle nous offrions, je dis bien nous, car intégralement nu entre les cuisses de Béatrice, j'y bandais comme un cerf. J'avais beau gratifier la placide jeune femme de mes plus charmants sourires, je ne parvenais pas à savoir qui de nous deux pouvait éventuellement l'intéresser. Béatrice a ouvert les yeux lorsque l'inconnue s'est assise sur le podium, à quelques centimètres de nous, à quelques centimètres d'un trio que je n'osais espérer. Aucun d'entre nous n'a amorcé le geste qui l'aurait esquissé. L'inconnue s'est levée et elle a quitté la pièce.
Quelques semaines plus tard, j'ai évoqué ce souvenir avec Béatrice. Après lui avoir rappelé ses souhaits du moment, souhaits que j'avais scrupuleusement respectés, je lui ai demandé si elle aurait aimé que je propose à cette inconnue un massage à quatre mains, les siennes et les miennes s'aventurant sur sa peau tabac, nos corps électrisés par le désir sur son corps alangui, nos baisers voluptueux sous son regard ténébreux... Et bien figurez-vous qu'elle aurait adoré ! Si seulement je le lui avais proposé à ce moment là au lieu de rester empêtré dans des désirs muets ! Mais comment le dire sans rompre le charme du moment ? Notre drame était sans doute de ne pas avoir convenu d'un mot magique, pour dire secrètement que le désir pourrait bien évoluer, sans entrer dans un conciliabule rédhibitoire. La prochaine fois, s'il y en a une, nous opterons pour le mot "biscotte". C'est discret, original, et pas si difficile à placer: "Ah que j'aimerais étaler de l'huile sur la peau dorée de cette femme, comme du beurre sur une biscotte !"
14:25 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Expériences, sauna, Hyppocampe, libertinage, massage, Littérature, histoire érotique
08 janvier 2007
Le fantasme de l'hooliganette
Après la fliquette à casquette et galons dorés sur les épaules carrées de sa chemise bleue électrique, fliquette qui fouillerait sans ménagement mais avec un rictus concupiscent, mon petit corps à demi nu, cuisses écartées en garde à vue dans un bureau sordide, après la fliquette disais-je, une bonne amie vient de susciter en moi le fantasme de l'hooligannette ! Mon blog n'ayant pas d'autre objet que de saisir au vol mes pensées impertinentes ou mes récits débauchés, pourquoi ne pas le commencer avec une plaisanterie. Après tout, ce ne sera pas la première fois qu'un destin se joue là dessus, que ce soit le mien ou celui des personnages Kunderiens.
L'hooliganette m'a invité à suivre la finale de la coupe du Monde dans sa chambre d'étudiante. A l'affiche: France-Brésil ! Comme d'habitude, je me suis perdu et je suis en retard, mais je n'ai aucun mal à trouver son petit studio au vacarme qui en émane. J'ouvre la porte. Quel choc ! De part et d'autre de la télé où s'époumone thierry Rolland, des fumigènes crachent une épaisse fumée qui masque les murs recouverts de posters France Football. Face à la télé, mon hooliganette s'agite toute seule sur son Sofa. Elle ne m'a pas entendu arriver. Je m'approche précautionneusement en évitant les canettes vides qui jonchent le sol. Elle se retourne brusquement et me jette un sourire bleu-blanc-rouge halluciné. Sous sa perruque rose frisée, son visage peinturluré me scande "allez les bleus !" en guise de bienvenue. Ses seins tressautent sous son maillot de l'équipe de France qui lui tombe à mi-cuisse, en recouvrant son collant filets homologué par la FIFA. Ses chaussures Adidas à crampons rayent le parquet. "T'es pas en tenue de supporter !" Eructe t'elle d'une haleine Heineken. "A poil les Brésiliens !" Hurle t'elle alors en se jetant sur moi pour arracher mes vêtements. Inutile de résister, et me voilà en deux temps trois mouvement prêt à courir sur la pelouse dans le plus simple appareil. Pendant ce temps là, Zidane envoie la balle au fond des filets. C'est la liesse. "Baise-moi à la footbaleur !" qu'elle me crie en brandissant un condomi spécial foot
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- C'est quoi, à la footbaleur, que je lui demande éberlué ?
- Droit au but et sans les mains, qu'elle me répond en sautant à genoux sur le canapé !
D'un geste vif, elle remonte jusqu'à la taille son maillot de l'équipe de France. A travers les larges mailles de son collant fillet, je constate qu'elle ne porte pas de petite culotte. Ses cuisses à la verticale sont comme deux poteaux blancs entre lesquels je vais tirer mon coup. "J'vais te tirer comme un penalty" que je lui annonce en chaussant le condomi, entre deux rasades de bibine pour me mettre dans l'ambiance. "Tire pas avant que j'ai sifflé", beugle t'elle avant de siffler sa septième canette. Face aux trous, j'opte pour le contre pied. Je fais glisser le ballon du condomi sur son anus qui se contracte aussitôt, pour mieux m'enfoncer d'un seul coup dans sa chatte béante. "Et un, et deux, et trois zéros !" que je me mets à brailler en lui enfilant autant de coups de queue ! Elle se retourne vers moi avec un rictus mauvais, me brandit sous le nez une matraque non homologuée et elle me dit entre ses dents "Attends un peu que je te la mette dans la lucarne !"
13:15 Publié dans Fictions | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Fabulettes, Littérature, histoire érotique, Erotisme



